mardi 4 juin 2013

LE PARFAIT-AMOUR ,LIQUEUR ROYAL .

 
1906.

1894.
Les italiens étaient au début du 16è très en avance sur la France pour les arts de la table , ils connaissaient et appréciaient depuis déjà quelques décennies , le thé , le café , le chocolat mais aussi les liqueurs , toutes ces boissons en ce début des années 1600 n’étaient pas ou peu connu au royaume de France . Ces surtout les liqueurs qui étaient très en avance en Italie , de nombreuse variétés étaient fabriquées de façon pratiquement industrielle dans le pays ou des distillerie s’établissaient partout dans la botte . Consommées en fin de repas ou en tant que remède homéopathique elles connaissaient un grand succès . Il ne faut donc pas s'étonner que c'est un Italien qui fût le premier à populariser la liqueur en France ,
1887.
Solmini pour le nommer s'était établi d'abord à Montpellier puis en Lorraine où il créa en 1660 deux liqueurs qui connurent un énorme succès " Le Parfait Amour " apprécié de Louis XIV en personne et la fenouillette. L'engouement fût tel pour les liqueurs que bien vite des centaines de fabriquant s’établirent partout dans le pays en produisant souvent tout et n'importe quoi , Louis XIV désirant mettre de l'ordre dans la confrérie de ses limonadiers dont dépendaient les distillateurs de liqueur 1704, la supprima et établi pour leur succéder, cent cinquante privilégiés qui eurent le droit de fabriquer et de vendre des liqueurs dont seule la liste suivante était autorisée . La fenouillette, Le Vaté, L'Orange, Les ratafias de Fruits et de Noyaux, Les eaux de Cette, De genièvre et enfin Les mille-fleurs et bien sûr le Parfait-Amour, qui doit peut-être son succès à l'ambrette qui rentrait dans sa composition et qui croyait ton avait des propriétés proches du surnaturel à l’époque .
Cette limitation ne résista pas au temps et bien vite les ligueurs les plus variés vont refaire leurs apparitions, sans connaitre cependant la gloire du Parfait-Amour qui fut immédiatement copié, souvent de la plus vilaine façon .
GLACIÈRES ET RÉCIPIENT A BOUTEILLES DE LIQUEURS , CHARLES MÉRAUD 1735-1780 .

Les qualités digestives homéopathiques de ces boissons étaient connues, mais aussi échauffantes pour ne pas dire aphrodisiaques, ainsi la fenouillette tirée  du fenouil dont on connaissait les vertus de remonter si je puis dire des désirs de la chair un peu affaiblie . Elles étaient considérées par les bonnes âmes croyantes comme trop dangereuses pour leurs morales,.
AMBRETTE.
Ainsi comme le rapporte Madame de Sévigné dans ces lettres, un jour à table où comme d'habitude on offrait après un repas des liqueurs aux Dames après les vins de dessert ( à l'époque on ne consommait pas de café, de thé ou de chocolat après un repas, mais en dehors seulement) , une dame de l'entourage de Madame de Sévigné, Mme de Thiange qui après un deuil avait renoncé a toutes les joies du monde, au point dit la marquise de ne plus mettre de rouge aux joues et de cacher sa gorge, À qui fut présenter par le valet un verre de Fenouillette s'exclama " Madame, dit-elle, ce garçon ne sait pas que je suis dévote "
Au 19e il existait en début de siècle plus de 200 liqueurs différentes, consommées en apéritives leurs succès étaient généraux, elles étaient souvent dotées de noms évocateurs, comme l’eau Nuptiale, à base dés d'anis de chervi, carottes, muscades et cédrats, la belle de nuit formée de lime et d'angélique, ou la favorite de Florence, mélange de citrons et de macis coloré avec de la cochenille, etc.
Vers les milieux du siècle il y avait en France plus de 1.000 producteurs de liqueurs en dehors de ceux produisant de l’absinthe, bien trop pour le foie des Français déjà en bien mauvais était .
SERVICES A LIQUEURS ÉMAILLÉS , 19è . JAKOB PRIESTER .

L’absinthe fut d'ailleurs le fossoyeur de la plupart de ces distilleries, car par son succès il fit passer la consommation des liqueurs au rang de boisson pour dames ou de fin de repas exclusivement .
Le Parfait-Amour lui connut un succès plus long notamment dû au fait qu'il rentrait dans la composition de nombreuses pâtisseries, glaces et sorbets et qu'il servait de base a de multiples cocktails dont la mode à la fin du 19e allait croissant, dans une vague d'anglophilie sans pareille au fil des siècles . 
Les liqueurs Parfait-Amour vendues aujourd’hui n'ont rien à voire avec l'original et ces bien dommage.
Voici ci-dessous la recette originale du Parfait-Amour ainsi que quelques autres liqueurs intéressantes.
SEAU POUR SERVICE A LIQUEUR DE MARIE-ANTOINETTE , SÈVRE ,. 18è.




PARFAIT AMOUR , LA RECETTE ORIGINELLE.
Employer :
Sucre............................................................................6 kilo .
Vanille...................................................................15 grammes .
Ambrette........................ .......................................  4 grammes .
Zestes de citrons..................................................  .....   12 citron.
Eau ............................................................................4 litres .
Eau-de-vie............................... ....................................24 litres.      
Procédé .-Laissez macérer pendant cinq jours les substances dans l'alcool avec la moitié du sucre. Distillez dans un alambique. D'autre part faire avec le restant du sucre un sirop à 32 degrés ; le mélanger avec le produit de la distillation et colorer avec du carmin . Mettre en bouteilles .

PARFAIT-AMOUR PAR MACÉRATION.
Employer /
Sucre................................................................................2,5 kilos .
Thym.............................................................................30 grammes.
Macis......................................................................... ...10 grammes.
Coriandre.......................................................................10 grammes.
Cannelle.........................................................................15 grammes.
Zestes de bigarades ( orange amère ).........................................6 nombre.
Eau-de-vie.....................................................................  .....2 litres .
Procéder. - Faire macérer les substances aromatiques pendant cinq jours dans l'eau-de-vie ; avec le sucre faire un sirop à 32 degrés , mélanger les liquides , colorer et filtrer .

EAU DE PUCELLE.
Genièvre pilé ........................................... 15 grammes.
Angélique pilée ....................................... ...7 grammes.
Eau de fleurs d'orange......................................1/2 litre. 
Eau................................................................1 litre.
Sucre......................................................500 grammes.
Eau-de-vie........................................................2 litres.
Faire macerer le tout pendant cinq jours avec la moité du sucre , préparez un sirop avec le restant du sucre et a la fin de la macération mélanger le tout , passez à la chausse et mettre en bouteilles  , puis pendant cinq jours les retournez deux fois par jours avant de les consommés .
1888.

EAU DU PÈRE ANDRÉ.
Eau de roses fraiche ..........................................1/2 litre.
Fleurs de lys ................................................... .50 têtes.
Fleurs d'oranger.............................................20 centilitre.
Eau................................................................... 1 litre.
Eau-de-vie..................................................... .....2 litres.
Le mélange est chauffé au bain-marie jusqu'à ce qu'il soit transformé en sirop ; on y ajoute alors l'eau-de-vie et l'eau de fleurs d'oranger et on passe à la chausse .

EAU À LA BÉQUILLE DU PÈRE BARNABA.
Angélique .................................................200 grammes.
Cannelle.....................................................15 grammes.
Pilez le tout et coupez en petits morceaux deux grosses racines d'iris . Vous mettez le tout dans un alambic avec une grosse chope d'eau et quatre pintes d'eau-de-vie et deux livres de sucre, laissez l’opération ce dérouler et ainsi fait rajoutez  un demi litre d'eau et laissez vieillir en bouteilles un mois avant de consommer .
PASTÈQUE ET LIQUEURS , ARDENGO SOFFICI , 1879-1964.